En marge

Cahier de notes (I)

© Líria Dora Orlowska


La cloche de l’été

 

Matin (d’ores et déjà).
Passage des camions-poubelle/éboueurs. C’est l’été et le calme. Et les déchets.
La vie et la mort, aussi, tout autour.
Juste ce signal, ce message, de la cloche. Le son, au-dessus de celui du camion qui passe,
qui va dans le ciel.
Le souffle, ce dernier, se matérialise, se finalise – a lieu.
Surprise, larmes, puis silence.
Les autres, en vacances : la plage, la montagne, le lac – sous le soleil.
Et celui qui ne peut plus partir : part. Définitivement.
Fatigué d’attendre le soleil, l’envie, le courage. La douleur gagne, ou la solitude.
Le mal qui n’aime pas le soleil.
Il s’endort dans l’attente, la souffrance, abandonné ou dans l’abandon de lui-même.
Il se donne. La cloche comprend, chante pour lui.
Le son bouleverse le ciel. Les airs forment des nuées, son greffé sur leur sein.
Libération, commentaire sans mots, comme une joie (tabou redoutable soulevé d’un coup) ; espoir porté par la pluie. Est-ce la vie ou la mort qui vibre dans les gouttes qui tombent ? (Non, pas besoin d’arc-en-ciel qui comme arc de triomphe crie l’événement).
Herbes toutes jaunies, toutes séchées, affamées de cette eau… la recueillent. C’est la vie qui pousse entre les tiges mi-mortes, mi-vivantes.


Líria Dora ORLOWSKA


Líria Dora Orlowska (ou Liliana Orlowska) est née à Varsovie en 1973. Elle vient à Paris en 1995 pour étudier le français, puis entreprend à Strasbourg des études d’archéologie et d’histoire de l’art, de grec moderne aussi pour laisser place à l’imprévu. Elle est diplômée de l’Institut de Traducteurs, d’Interprètes et de Relations Internationales de Strasbourg. Elle publie des traductions des textes d’Edward Stachura dans la revue « La Barque » et ses propres textes, en polonais, dans la revue numérique « Recogito ». Elle pratique aussi la photographie et le dessin.

 

[VI 2014]

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